Le rangement de ma penderie

Quand j’étais petite, je jouais durant des heures au jeu « dessinons la mode », sans lassitude aucune, j’ai également joué à habiller et déshabiller des poupées BARBIE.

Par exemple, changer leurs tenues, essayer des associations entre elles toujours différentes.

Mon goût pour les matières étaient tellement fort qu’à ce jour je retrouve la sensation très précise d’une robe que je portais enfant, comme de la texture d’une chaussure ou de la douceur d’un pyjama.

Puis arriva:

Rangement de penderie pour la  pré-adolescence

La pré-adolescence et ses ravages.

Mon corps s’est mis à changer, hors mes vêtements si précieux furent naturellement légués à ma soeur.

Notre desespoir était partagé, elle réccupérait encore mes vêtements alors que nous n’avions ni la même passion pour ceux-ci ni les mêmes goûts!

« Adieu mes beaux vêtements,bonjour nouvelles formes du corps »

Bref nous entamions là une longue et douloureuse traversée de gènes, de complexes variés, de comparaisons,

Mais aussi de tristesse, de doutes , de clips vidéos, de magasines, de cabines d’essayages et de styles en tous genres..

Jusqu’à ce que ces formes deviennent des atouts et que les années collèges laissent place aux années toutes puissantes!

Puis vint:

Rangement de penderie pour un nouveau chamboulement

 

Un nouveau chamboulement du corps et de l’esprit, quand 10kg sont partis en quelques mois,

C’est à dire sortis de ma vie comme s’ils n’avaient jamais été là.

Il était question à présent d’appréhender et d’apprivoiser ce nouveau corps que la vie m’apportait.

« Vous pensez que j’en avais terminé avec les complexes? »

« Détrompez-vous! »

Les complexes et je l’ai compris plus tard ne sont pas seulement du corps ils sont souvent et parfois même seulement des complexes de l’être et de l’esprit.

Bref, maintenant j’étais mince et beaucoup de personnes se sentaient légitimes et obligées de me le rappeler.

Comme une douce et amer ritournelle:

 » Tu vas perdre un os » « Toujours pas grossi! » « tu manges? » « tu es certaine de ne pas être anorexique? »  » Non tu n’es pas mince tu es maigre! » « tu vas bientôt disparaître ».

« Mais n’importe quoi!!!! »

Je me sentais en plus de cela forcée de me justifier, de leur expliquer que je mangeais deux fois plus qu’elles ( « ça fait râler mais c’est vrai! »), que j’adorerai avoir quelques kg en plus et que non je n’étais pas malade!! j’étais juste moi, c’est tout.

Tout ceci parlait de mon corps…en fait non!

Cela parle de  la perception que j’en avais.

Liberté:

 

Rangement de penderie pour la liberté du corps

Mon corps je l’ai libéré! Ce corps qui fut en perpétuelle évolution.

Comme l’épanouissement de l’amour, celui de la pleine conscience du sport ou celui de la grossesse. 

La liberté enfin retrouvée d’être juste ce qu’il est.

C’est à dire ce corps que j’aime qui me porte et me supporte, qui me fait avancer, courir, rire, vibrer, respirer, danser, aimer…

Mon corps est ce qu’il est, il est une enveloppe solide qui accompagne pas à pas l’être que je suis vers l’être que je deviens. 

et après:

 

Rangement de penderie pour être allignée

Voici ma garde robe, elle n’est pas grande et je n’ai pas de magnifique dressing .

Un placard mural où je range mes précieux habits.

Comme vous pouvez le constater elle n’est pas très chargée. Enfet j’ai travaillé dûr pour en arriver là. 

Issue de 10 années dans le commerce de vêtements pour femmes:

J’avais « l’avantage » que je mets ici avec des guillemets de bénéficier de réductions et d’être toujours au fait de la mode et de ses tendances.

Ma penderie fut donc à l’image des marques pour lesquelles j’ai travaillé. 

A leur image! « Et moi dans tout ça? »

Moi qui ai toujours aimé la couleur, les matières, les imprimés, les audaces, j’étais comme cette penderie faite de noir…un peu éteinte.

Ma penderie était chargée, TRÈS chargée de pièces de valeur et de qualité.

Mais: » à quoi sert-il de conserver des vêtements qui ne parle pas de vous? »

Alors j’ai tout vendu… le vrai mot serait plutôt bradé, et je me suis donnée la mission de faire de ma penderie une penderie de joie!

Mais comment?

Rangement de penderie par l’émotion

En prenant du recul sur tous ces vêtements qui gisaient dans ma garde robe.

Je  les ai observé, je les ai touché, je me suis simplement demandé ce que chacun d’entre eux me renvoyaient comme emotion. 

Tous ceux qui me rappelaient de mauvais souvenirs, ceux qui m’avaient été imposés par le travail, oubien qui ne correspondaient plus à ma mise en valeur.

J’ai fait le point sur les couleurs, formes, style, communication, personnalité.

Ceux que je continuais de conserver pour leur valeur marchande ou par attachements alors que je ne les portais plus depuis des années lumières.

Tous en plusieurs étapes pour être sûre de moi, tous ont disparus de ma penderie.

et après:

Rangement de penderie pour respirer et être soi

 

Aujourd’hui je connais mes vêtements sur le bout des doigts, ils ont tous une histoire à raconter.

Un lieu marquant où ils m’ont accompagnés, un morceau de ma vie qu’ils continuent de me raconter, des pièces chinés à plusieurs vies.

Un shopping en famille, un souvenir de voyage, l’héritage d’une mamie, un vêtement fait de mes mains, ou que l’on m’a offert avec soin.

Tous parlent de moi, malgré moi parfois. 

J’ai trié, j’ai donné, j’ai réparé et aujourd’hui:

« je respire! »

Ma penderie est enfin épurée, elle touche du doigt le minimalisme du consommer moins pour donner du sens aux choses.

Mon astuce pour garder une garde robe aérée: avoir une garde robe pour chaque saison, de cette façon les gros pull et les robes trop chaudes n’encombent pas votre garde robe d’été…

Pour l’hiver elle est souvent un peu plus chargée car je garde certaines robes d’été que j’aime portée avec des collants et des gros pull.

Mais je ne perd pas de vue, ma mise en valeur, mon style, et l’émotion.. donc le rangement de penderie ce n’est jamais fini. 

Comme un cadeau à moi même chaque saison d’ouvrir le prochain carton et de redécouvrir ses vêtements chers à mon coeur..

« Je me souviens alors que l’essentiel n’est pas dans l’avoir mais dans l’être. » 

Pas si facile?